Discours – Remise du muguet à la Ville de Paris


Monsieur le Maire, Cher Emmanuel,
Monsieur le président, Cher Stéphane
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, messieurs les responsables des marchés parisiens

Chers amis,

Depuis plusieurs années, j’ai l’honneur de me tenir ici, au cœur de l’hôtel de ville de Paris, pour célébrer avec vous cette tradition si singulière et si précieuse : celle du muguet.

Ce brin délicat, symbole de bonheur et de renouveau, n’est jamais anodin. Il porte en lui bien plus qu’un message de saison.
Il raconte une histoire. Celle d’un pays attaché à ses racines, celle d’une ville qui vit au rythme de ses habitants, et surtout celle de ses marchés.
Car Paris ne serait pas tout à fait Paris sans ses marchés.

Ils sont des lieux de vie, de rencontres, d’échanges. Ils sont ce lien précieux entre celles et ceux qui produisent, qui transforment et qui consomment. Ils incarnent une économie humaine, accessible, et profondément ancrée dans le quotidien des Parisiens.

Mais ces équilibres restent fragiles.

Derrière chaque étal, il y a une activité, un revenu, une famille, un savoir-faire. Et lorsque les marchés sont contraints, réduits ou fragilisés, c’est bien plus que des mètres carrés que l’on perd : c’est une vitalité, une diversité, une accessibilité que l’on met en péril !!

Je pense notamment aujourd’hui aux commerçants du marché aux puces de la Porte de Montreuil. Leur engagement et leur dynamisme mérite d’être entendu, respecté, et pleinement intégré dans les projets qui dessinent le Paris de demain.
Car au fond, ce que nous défendons, ce n’est pas seulement un modèle économique — c’est un patrimoine vivant.
C’est tout le sens du combat que nous menons pour l’inscription des marchés de France au patrimoine culturel immatériel national, aux côtés de Sébastien Bensidoun et de la SEMACO.

Une démarche qui rencontre déjà un écho fort auprès de très nombreux élus, conscients que les marchés ne sont pas seulement des lieux de commerce, mais des marqueurs essentiels de notre identité collective.

Reconnaître les marchés comme patrimoine, c’est affirmer qu’ils ne sont pas qu’un héritage du passé…
Mais surtout une richesse pour l’avenir.

 À travers eux, c’est tout un écosystème qui s’exprime — celui des femmes et des hommes engagés, souvent debout à l’aube, parfois dans l’ombre, mais toujours au service de la qualité, du goût et du lien social.

Et comment ne pas évoquer également, face à mon ami Stéphane Layani, le Marché international de Rungis, cœur battant de cette vitalité économique, plus grand marché de produits frais au monde, qui irrigue chaque jour la capitale et bien au-delà !
Rungis et les marchés parisiens partagent une même passion : nourrir, rapprocher, faire vivre.

Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les élus,

Votre présence aujourd’hui à la tête de notre magnifique capitale marque une nouvelle page. Une page que nous souhaitons écrire avec vous, dans un esprit de dialogue, d’ambition et de confiance.

Certes, les défis sont nombreux :

  • préserver le commerce de proximité, le renouvellement et les transmissions de nos activités
  • valoriser les savoir-faire,
  • mettre en place une charte de qualité marchés de France pour le devenir des marchés

Mais nous en sommes convaincus : les centres villes de demain passent par des modèles plus humains, et les marchés leur apportent une réponse évidente.

Cher Emmanuel,

À travers ce brin de muguet, c’est bien plus qu’un symbole que nous vous remettons aujourd’hui :
C’est un engagement, une vigilance, et une espérance partagée.

Car dans le tumulte des marchés se tisse, depuis des siècles, la trame invisible de Paris.
Les préserver, c’est veiller sur ce qui fait une cité : ses liens, ses rites, sa mémoire.
Et ce qui fonde une cité ne se marchande jamais.

Je vous remercie