Après l’été, l’heure des inquiétudes…
Des marchés animés, des allées parfois très fréquentées, des touristes présents… et pourtant, derrière les étals, le sentiment qui domine en cette fin d’été est loin d’être celui de l’insouciance.
La saison estivale 2026 touche à sa fin et, comme chaque année, les situations sont contrastées. Certains marchés touristiques ont bénéficié d’une belle fréquentation, certaines régions ont tiré leur épingle du jeu et nos marchés ont une nouvelle fois démontré leur formidable pouvoir d’attraction.
Mais fréquentation ne signifie plus automatiquement consommation.
C’est probablement l’un des enseignements les plus préoccupants de cet été. Les clients viennent, regardent, comparent, hésitent davantage. Ils achètent plus raisonnablement, parfois moins souvent. Le panier est surveillé et les dépenses arbitrées.
Et pendant ce temps, pour nos professionnels, les charges, elles, ne prennent pas de vacances.
Carburant, énergie, marchandises, assurances, véhicules, matériel, salaires, droits de place : chaque hausse supplémentaire vient rogner des marges déjà fragilisées.
À cela se sont ajoutées, cet été encore, les difficultés propres à notre métier : épisodes de fortes chaleurs, annulations ou modifications parfois décidées dans l’urgence, problèmes de stationnement et de circulation, réglementations toujours plus nombreuses et, trop souvent encore, des décisions concernant les marchés prises sans véritable concertation avec ceux qui y travaillent.
Nos professionnels savent affronter les difficultés. Ils l’ont toujours fait!!
Mais ce qu’ils redoutent aujourd’hui, ce n’est pas le travail. C’est de travailler toujours davantage pour gagner toujours moins.
Et c’est bien cela qui doit nous alerter.
À quelques semaines de la rentrée, je rencontre et j’entends des professionnels qui s’interrogent : comment évoluera la consommation à l’automne ? Jusqu’où iront les charges ? Quelles nouvelles contraintes viendront encore peser sur les petites entreprises ? Comment absorber les investissements nécessaires sans visibilité suffisante sur les mois à venir ? Et cerise sur le gâteau, les obligations liées à la mise en place de la facturation électronique refusées à juste titre par la majorité des TPE et dénoncées par la fédération nationale des marchés de FRANCE et ses syndicats!!!
Derrière ces interrogations, il y a des femmes et des hommes, des familles, des entreprises parfois transmises depuis plusieurs générations. Il y a aussi des professionnels qui se demandent désormais s’ils pourront continuer leur activité dans les mêmes conditions.
Nos élus qu’ils soient locaux, régionaux ou nationaux doivent entendre cette inquiétude avant qu’elle ne devienne du découragement.
Car perdre un commerçant de marché, ce n’est pas seulement perdre une entreprise.
C’est perdre un étal, une compétence, un savoir-faire, un service de proximité. C’est un peu de diversité commerciale qui disparaît et, parfois, un marché entier qui commence à s’affaiblir.
La rentrée qui s’annonce devra donc être celle de la vigilance et du combat collectif.
Notre Fédération sera présente sur tous les dossiers qui conditionnent l’avenir de nos entreprises. Nous continuerons à interpeller les pouvoirs publics, à défendre nos professionnels auprès des collectivités et à refuser que de nouvelles contraintes soient imposées aux plus petites entreprises sans mesurer leur réalité économique et humaine.
L’été aura montré une nouvelle fois que les Français aiment leurs marchés. À nous désormais de faire en sorte qu’ils puissent continuer à y trouver demain des professionnels suffisamment nombreux pour les faire vivre.
Je veux donc terminer cette saison par un message très clair à celles et ceux qui, derrière leurs étals, regardent la rentrée avec inquiétude :
vous ne serez pas seuls.
La Fédération Nationale des Marchés de France sera à vos côtés, sur le terrain comme auprès des pouvoirs publics.
Parce que notre responsabilité n’est pas seulement de défendre les marchés lorsqu’ils sont menacés.
Notre responsabilité est de faire en sorte qu’il y ait encore demain des femmes et des hommes capables d’en vivre.
Et sur ce point, nous ne céderons rien.
Monique Rubin, Présidente

